Elle réunit la vigueur de l'homme à la grâce de la femme; qui pareille au sphinx antique, vivante et mystérieuse énigme, s'accroupit aux extrêmes limites de l'art avec un visage de femme, des griffes de lion, des ailes d'aigle." Alexandre Dumas, mes Mémoires 1852

Après avoir été admirée par les plus grands écrivains de son temps, tels que Balzac et Dostoïevski, la traversée du 20e siècle fut pour George Sand un long séjour au purgatoire. Ses temps ingrats n'ont voulu retenir de sa vie et de son œuvre que ses aventures sentimentales avec Musset et Chopin, son habitude de s'habiller en homme et de fumer le cigare, et ses romans champêtres, jugés simplelittérature enfantine. Heureusement il y eut Georges Lubin que l'on nomma plaisamment son "amant posthume" et qui consacra une grande partie de sa vie à éditer la correspondance de la romancière   particulièrement sur son autobiographie "Histoire de ma vie"  et les chercheurs tels que Isabelle Hoog Naginski "George Sand, l'écriture ou la vie" (Honoré Champion, 1999),

Béatrice Didier "George Sand écrivain, un grand fleuve d'Amérique" (PUF, 1998),

Béatrice Didier - .

Nicole Mozet "George Sand, écrivain de romans" (Christian Pirot, 1997)

et Marielle Caors "George Sand, de voyages en romans" (Royer, 1995)

ont réalisé tout récemment des études sérieuses sur ses romans.

 

Pour Isabelle Hoog Naginski, l'originalité de George Sand par rapport aux autres écrivains de son époque est qu'elle adopta dans son oeuvre un point de vue androgyne, se plaçant tour à tour dans la peau de l'homme et dans celle de la femme. Elle vécut sa naissance à l'écriture comme une révélation. Son premier roman, signé G. Sand, "Indiana" eut un succès immédiat et retentissant. Avec Balzac, elle est l'un des premiers écrivains de l’"invisible"* : dans "Lélia", elle entre immédiatement dans l'âme des personnages sans description extérieure préalable et invente "une nouvelle structure narrative au roman"*. Elle s'essaya à toutes les formes et tous les genres du roman. Son chef-d'oeuvre "Consuelo", grand roman initiatique, fait partie, avec entre autres "Spiridion" et "Les Sept Cordes de la Lyre", de ses oeuvres métaphysiques. "La Ville noire" est l'un des premiers romans sociaux. De nombreux romans de George Sand ont trait au monde artistique : "Consuelo" (le chant), "Le Château des Désertes" (le théâtre), "Les Maîtres Mosaïstes" (l'art picturale), "Albine Fiori" (la danse)... Elle emprunta aussi la veine fantastique : "Les Dames Vertes", "Les Contes d'une grand-mère"...

Avec "Valentine", George Sand inaugura ce qui devint un de ses thèmes favoris "mesurer la distance sociale et culturelle qui sépare deux jeunes gens appartenant à des milieux sociaux différents, lorsqu'ils tombent amoureux"*. Il faut noter que le père de la romancière, Maurice Dupin de Francueuil était d'origine aristocratique et que sa mère était la fille d'un oiseleur.

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Toute sa vie, elle fut guidé par son idéal d'amour, d'égalité et de fraternité, tel que le souligne Vladimir Karénine dans sa biographie en quatre volumes "George Sand, sa vie et son oeuvre" réimprimée en 2000 par Honoré Champion (la lecture de cet ouvrage est pleine de richesses). Cet idéal la poussa à se battre pour la République. En 1848, elle demanda que des ouvriers et des paysans soient élus au même titre que les autres membres de la société, mais ses amis politiques préférèrent garder le pouvoir pour eux-mêmes ce qui l'a dégoûta à jamais de la politique. Elle écrivit alors ses plus célèbres romans champêtres "La Mare au diable", "La petite Fadette", "François le Champi" afin de relever le peuple à ses propres yeux et de lui donner une mémoire. Dans le même souci de préserver la culture paysanne, elle écrivit "Les Légendes rustiques".

 

. Elle est à découvrir. Bonne lecture !

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